jeudi, janvier 07, 2010

La stevia est de plus en plus présente sur le marché

La stevia est de plus en plus présente sur le marché

BERNE - Ni calories ni caries: telle est la promesse de la stevia, l'herbe à sucre. Bannie de Suisse jusqu'à la mi-2008, la stevia est désormais présente dans 18 produits. Certains ont été introduits sans crier gare et se trouvent déjà sur les étals.

Le goût de la stevia est prononcé: douze fois plus sucrée que le sucre, elle n'a guère de calories, n'attaque pas les dents et convient aux diabétiques. Malgré cela, elle n'a pas été autorisée en Suisse jusqu'à l'an dernier. Dans l'Union européenne (UE), elle ne l'est toujours pas.

La raison en est un verdict de la Commission de l'UE, qui s'appuie sur deux études controversées. Des rats de laboratoire soumis à de hautes doses de stevia ont développé un cancer de la vessie et présenté des troubles de la fertilité. En Suisse non plus, tous les doutes quant aux effets sur la santé ne sont pas écartés.

Autorisation internationale

L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) a autorisé en 2008 un extrait standardisé de la stevia avec une teneur de 95% de glycosides de stéviol. Quant à l'herbe à l'état naturel, un mélange de thé par exemple ne peut en contenir que 2% au maximum.

Le comité d'experts sur les additifs alimentaires (JECFA) de l'Organisation mondiale de la santé avait qualifié l'extrait standardisé de "sûr". Comme les glycosides de stéviol ne sont pas un additif admis, l'OFSP émet des autorisations ponctuelles et provisoires.

En Suisse, 18 produits contenant l'extrait de stevia étaient autorisés à la mi-décembre, indique l'OFSP sur son site Internet. Il s'agit de boissons, de bonbons, de chocolat, d'édulcorants et de ketchup.

Bien présente

Une entreprise fribourgeoise a mis sur le marché un thé froid et une boisson pour sportifs. Migros vend plusieurs boissons sucrée à la stevia, tout comme Hermes, l'entreprise productrice d'Assugrin, qui commercialisera au printemps un édulcorant à base de stevia.

Cette plante est intéressante, explique le directeur du marketing Michael Droz, car beaucoup de personnes se méfient de substances synthétiques comme la saccharine et l'aspartame. L'évolution du marché montrera comment s'y développent les produits à base de stevia.

Ricola a obtenu trois autorisations pour des bonbons contenant de la stevia. Mais l'entreprise bâloise attend avant de les lancer, indique-t-elle. Il y a plusieurs raisons à cela, mais elles ne sont pas communiquées, précise Ricola.

Chocolat pour diabétiques

La branche chocolatière mise, outre la quasi absence de calories, sur les diabétiques. Un des chocolats autorisés par l'OFSP est d'ailleurs spécialement conçu pour cette catégorie de la population, catégorie en nombre croissant. Il n'est pas encore sur le marché, contrairement à un autre chocolat, noir.

Cette évolution ne réjouit pas l'association Pro Stevia Suisse. Son président Kurt Steiner souligne que de nombreuses substances contenues dans la stevia ne sont plus présentes dans l'extrait autorisé. Pour être honnête, on ne peut plus vraiment parler d'un édulcorant "naturel". De plus, la production de l'extrait est en mains de consortiums. A ceux qui veulent du naturel, Kurt Steiner conseille de faire pousser eux-mêmes la plante.

La branche sucrière observe de près l'entrée de la stevia sur le marché, explique le directeur des raffineries d'Aarberg (BE) et de Frauenfeld Josef Arnold. Longtemps, les défenseurs de la stevia avaient laissé entendre que l'industrie du sucre empêchait le développement de la stevia.

Josef Arnold relativise: le sucre est régulièrement diabolisé. Des produits de remplacement existent depuis des décennies, mais ils n'ont jamais réussi à évincer le sucre.

Il est clair que le sucre est très établi sur le marché et que son image est un peu démodée. Pour contrer cette tendance, les fabricants lancent de nouveaux produits "convenience" comme récemment le sucre liquide.

Source : ATS par Max Mohn, 28 décembre 2009

Source de l'article: http://www.creapharma.ch/interview.htm